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Chapelle Saint-François de l’Almont

Chapelle Saint-François de l’Almont

Avenue du Maréchal Juin, Melun

LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT

La chapelle Saint-François de l’Almont, à Melun, s’inscrit comme une manifestation tardive mais emblématique des programmes d'urbanisation prioritaire des années mille-neuf-cent-soixante-dix. Conçue par Jean Fatosme, sous l'égide du grand plan de la zone à urbaniser en priorité de l'Almont, dirigé par Léon Bazin, un ancien collaborateur d'Albert Laprade, l’édifice témoigne d'une période où la fonction et l'économie primaient souvent sur l'ornement. Son plan tréflé, articulé autour de quatre volumes cylindriques coupés en biais, révèle une géométrie simple, presque élémentaire. Les matériaux employés, parpaings et béton armé sur poteaux, sont d'une franchise structurelle qui ne cache guère les contraintes budgétaires. Le choix de ces matériaux bruts, dont le programme définitif fut arrêté au début de l'année mille-neuf-cent-soixante-quatorze, n'est pas sans évoquer la production de masse de l'époque, qui cherchait des solutions rapides et peu coûteuses pour les nouveaux ensembles urbains. L'enveloppe extérieure se veut résolument quasi-aveugle, n'offrant de grandes baies vitrées qu'aux lobes sud et nord, une concession minimale à la lumière naturelle. Les formes rondes de la chapelle sont censées répondre aux reliefs artificiels du paysage environnant, créant une harmonie visuelle qui, à l'observateur sagace, pourrait apparaître comme une tentative d'adoucir la rigueur de l'ensemble. L'accès, assuré par une rampe sobre, souligne l'attention portée à la fluidité des circulations, même dans une structure religieuse. À l'intérieur, la polyvalence est maîtresse. L'édifice loge un espace cultuel à l'étage supérieur, surplombant un logement au soubassement, une solution pragmatique pour mutualiser les coûts. La grande salle circulaire, où l'autel est central, est surmontée d'une couverture pendante, dont la charpente apparente invite les fidèles à un regroupement symbolique autour de la table eucharistique. Cette disposition, typique de l'après Concile Vatican deux, privilégie la participation active de la communauté. Le lobe nord abrite un oratoire, tandis que des cloisons amovibles permettent une modulation aisée des espaces pour diverses cérémonies ou réunions. Le financement par les Chantiers du Cardinal, aux côtés de donations privées, illustre bien la capacité de l'Église à s'adapter aux langages architecturaux contemporains et aux impératifs économiques du temps. Ce type de réalisation, quoique dénué de la monumentalité des églises d'antan, proposait une réponse fonctionnelle et modeste aux besoins spirituels d'une population croissante dans les banlieues nouvelles. Une approche qui, malgré sa discrétion, n'en est pas moins un jalon de l'architecture religieuse moderne.