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Église Notre-Dame-de-la-Paix

Église Notre-Dame-de-la-Paix

Avenue Général-de-Gaulle, Villeparisis

LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT

L'église Notre-Dame-de-la-Paix, dont la commande fut confiée en mille-neuf-cent-cinquante-cinq à l'architecte Maurice Novarina, fut une tentative de concilier la dévotion locale avec une modernité formelle. Son plan en amande et sa singulière couverture en selle de cheval, audacieuse application de paraboloïdes hyperboliques par l'ingénieur Bernard Lafaille, témoignent d'une époque où l'innovation structurelle aspirait à l'expression sacrée. Cette technique, déjà mise en œuvre à Notre-Dame de Royan, permettait des voiles de béton d'une étonnante finesse, seulement quatre centimètres d'épaisseur. Ces voiles légères, portées en leur milieu par des contreforts en V inversé, dessinent une géométrie complexe. Le chéneau, à cette jonction, est conçu pour diriger les eaux vers des bassins extérieurs, vestiges d'une intention fonctionnelle aujourd'hui disparue, ce qui n'est pas sans ironie. Les murs, non porteurs, ne sont que le revêtement d'une structure en béton armé, parés de moellons de pierre de Bonneuil-en-Valois en grand appareil. Leur financement, assuré par la paroisse, confère à cette façade une patine d'humble dévotion. Le porche d'entrée, simple creusement dans l'ovale de la nef à l'est, mène à un espace intérieur où la lumière et l'art s'expriment avec une certaine retenue. Le chevet est dominé par un grand vitrail de Jean Bazaine, aux tonalités bleutées, évoquant l'arbre de vie avec une abstraction mesurée, exécuté par les ateliers Barillet. Sur le mur sud, une soixantaine de baies en meurtrières, garnies de verrières abstraites aux teintes jaune et rouge de Jacques Loire, fragmentent la lumière, créant une ambiance qui n'est pas sans rappeler une certaine austérité. Le mur nord, en revanche, propose une suite narrative de quatorze bas-reliefs en pierre de Brigitte Loire, illustrant les Évangiles. Cette juxtaposition du figuratif et de l'abstrait illustre bien les tensions stylistiques de l'époque. Le projet fut l'initiative de personnalités avisées, comme le curé Jean Espinasse et ses amis de l'école des Hautes Études Commerciales, qui formèrent une association pour en assurer le financement. Un tel pragmatisme financier est souvent le moteur d'une architecture dite moderne, plus que les envolées lyriques. Il est d'ailleurs significatif de constater que des éléments pourtant prévus dès l'origine, tels le clocher isolé en béton et les salles paroissiales, n'ont été achevés qu'en mille-neuf-cent-quatre-vingt-onze, soit plusieurs décennies après la commande initiale. Cette église, malgré ses retards et ses compromis, demeure un témoignage éloquent d'une période de l'après-guerre où l'on tentait, avec des moyens limités et une certaine ingéniosité technique, de redéfinir l'espace sacré.