
LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT
L'église Notre-Dame-du-Chêne à Viroflay, érigée entre mille-neuf-cent-soixante et mille-neuf-cent-soixante-six par les frères Sainsaulieu, Louis, Luc et Thierry, offre une illustration relativement didactique de la pragmatique religieuse de l'après-guerre. Loin des grandiloquences d'antan, l'édifice se dessine selon un plan singulier en amande, une forme qui, pour être peu orthodoxe, n'en confère pas moins une certaine fluidité spatiale. Son enveloppe extérieure, un béton brut sans fioriture, est coiffée d'une toiture en coque, mariant le cuivre et l'ardoise. Cette couverture audacieuse, bien que fonctionnelle, est agrémentée à l'arrière de deux flèches pyramidales qui semblent, non sans une pointe d'ironie, rappeler une verticalité ecclésiastique désormais plus symbolique que structurelle. Le porche d'entrée, judicieusement abrité sous cette vaste carapace, est articulé en trois travées par de minces parois de béton, lesquelles sont percées d'arches généreuses, esquissant une transition tout en transparence. À l'intérieur, la véritable prouesse réside dans la charpente apparente. Conçue avec l'ingénieur Robert Lourdin, un spécialiste du bois lamellé-collé, elle déploie une voûte culminant à vingt mètres. Ce réseau d'alvéoles losangiques, soutenu par deux poutres faîtières et remarquable par l'absence de piliers, crée un espace à la fois léger et d'une ampleur inattendue pour le volume global. La lumière naturelle pénètre avec une certaine discrétion par un bandeau vitré le long de l'arête axiale et, de manière plus affirmée, par une verrière zénithale au-dessus de l'autel, éclairant le chœur d'une clarté ciblée. Cette solution structurelle permet une économie de moyens tout en maximisant l'impression d'élévation et d'unité, répondant aux nouvelles exigences liturgiques post-Vatican deux qui favorisaient la participation active des fidèles. Sous le chœur, la crypte en béton abrite une peinture murale de mille-neuf-cent-soixante-et-onze, œuvre de Marie Baranger, issue des Ateliers d'art sacré. L'artiste y dépeint Notre-Dame-du-Chêne, figure vénérée en forêt de Meudon, en des camaïeux de terres qui évoquent une lointaine parenté avec les fresques médiévales. Cependant, l'inclusion de figures contemporaines – un jeune couple, un guitariste – ancre résolument la composition dans son temps, offrant une lecture plutôt audacieuse de la tradition iconographique. C'est là, sans doute, que l'édifice révèle sa véritable ambition : concilier l'héritage spirituel avec les aspirations d'une modernité qui, même au sein du sacré, ne dédaigne pas les emprunts plus prosaïques.