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Lotissement du club du parc

Lotissement du club du parc

28-48 avenue Eglé, Maisons-Laffitte

LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT

L'habitat d'après-guerre, marqué par une crise endémique, a stimulé des réflexions pragmatiques chez des architectes tels qu'Edouard Albert, qui, dès la fin des années mille-neuf-cent-quarante, s'est penché sur la préfabrication. Dans la continuité des préoccupations du CIAM concernant l'habitat minimum, il dépose en février mille-neuf-cent-quarante-sept un brevet pour la construction de maisons légères. Ses premières explorations, comme le prototype Fakler et Adam ou le Bungalow cinquante-cinq, inspiré de l'aéronautique, proposaient des plans libres et des cloisons diagonales censées optimiser l'habitabilité, conférant à cinquante-cinq mètres carrés l'impression de soixante-quinze. Ces tentatives, bien qu'ingénieuses et annonçant une possible production en série, demeurèrent largement isolées, à l'instar d'une unique réalisation repérée à Eaubonne. Le projet Minimax, lauréat du concours du Centre technique du bois en mille-neuf-cent-cinquante-deux, représente une approche plus réaliste face aux impératifs de la Reconstruction. Son nom même affichait l'ambition : un minimum d'espace et d'investissement pour un maximum de confort. La structure, simplifiée, associait une ossature préfabriquée en bois contreplaqué à des murs pignons maçonnés. L'esthétique de la maison rompait avec les conventions traditionnelles sans verser dans l'ostentation. Sa toiture en papillon, avec ses deux pans asymétriques drainant l'eau vers un chéneau central, était une trouvaille fonctionnelle permettant d'optimiser l'ensoleillement hivernal et de ménager une fine ouverture horizontale pour la lumière et la ventilation. Les façades, d'une géométrie sobre, étaient rythmées par l'alternance de panneaux pleins et de surfaces vitrées. Le lotissement du Club du parc à Maisons-Laffitte constitue l'aboutissement le plus significatif de ce concept, une sorte d'idéal enfin concrétisé après des débuts laborieux, comme en témoignent les malfaçons et retards des premières maisons de Verneuil-sur-Seine. Soixante logements, regroupés en onze bandes, ont été érigés avec une célérité remarquable entre juin et décembre mille-neuf-cent-cinquante-six. L'opération, orchestrée par l'ASIC, se situait sur une parcelle triangulaire de deux hectares, dont vingt-trois pour cent seulement étaient bâtis, garantissant une présence végétale appréciable. Le site, inscrit depuis deux-mille, bénéficie d'une protection patrimoniale. Les maisons Minimax de Maisons-Laffitte, d'une surface allant de soixante-six à quatre-vingt-onze mètres carrés, affichent une modularité discrète. Leurs murs pignons en pierre calcaire, aux joints apparents, ancrent visuellement l'ensemble et contrastent avec la légèreté des façades principales. Celles-ci, composées d'une trame d'un mètre vingt-et-un, alternent des pans vitrés et des panneaux pleins, originellement agrémentés de menuiseries colorées, bien que le site ait souvent opté pour une teinte plus homogène, proche du blanc cassé. La structure porteuse est en bois, et les murs extérieurs, un assemblage de fibrociment plastifié, carton bitumé, vide ventilé et isolants intérieurs. Les toitures d'origine en fibrociment ont été avantageusement remplacées par du zinc, conservant la ligne originelle tout en améliorant l'isolation. Chaque bande est unifiée par un bandeau sous le débord de toiture, créant une continuité visuelle. À l'intérieur, la disposition reste fidèle aux principes d'Albert. Le séjour ouvre sur l'entrée, tandis que les chambres occupent l'espace opposé. La cuisine et les salles d'eau sont judicieusement logées au centre, sous la partie la plus basse de la toiture. Les cloisons obliques entre les chambres, aux extrémités légèrement courbes, sont un artifice perspicace pour agrandir la perception spatiale et dissimuler le lit depuis l'ouverture de la porte. L'ameublement, conçu par René-Jean Caillette et Geneviève Dangles, complétait cette vision d'un habitat fonctionnel et esthétique. Malgré quelques problèmes d'étanchéité initiaux, ces logements ont démontré une remarquable adaptabilité. Les copropriétaires, au fil des ans, ont su préserver la qualité de vie offerte par le lotissement, tout en y apportant des modifications. Recloisonnements, regroupements de logements, voire excavations de sous-sols avec cours anglaises, témoignent d'une capacité à évoluer sans dénaturer l'essence du concept. Le Minimax, loin de la production en série rêvée par son concepteur, a trouvé ici un épanouissement singulier, un compromis entre l'ambition industrielle et la réalité d'un habitat individualisé mais harmonieux. La visite d'André Malraux à l'exposition de mille-neuf-cent-cinquante-quatre, quelques années avant son ministère, fut d'ailleurs un signe avant-coureur de l'intérêt porté à ces innovations, même si le chemin fut semé d'embûches pour leur diffusion.