
LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT
Le château d'eau, œuvre de Kétoff Serge, se dresse en deux mille vingt-quatre comme un artefact singulier, affranchi des canons traditionnels de l'hydraulique monumentale. Il ne s'agit point d'une simple cuve de stockage élevée sur des piliers, mais d'une composition sculpturale où la fonction se voile sous une esthétique délibérément austère. La structure principale, un volume parallélépipédique aux arêtes vives, semble flotter, soutenue par un système apparent de poutrelles métalliques dont la disposition obéit autant à une logique structurelle qu'à une recherche formelle. Les façades, revêtues d'un béton matricé d'une grande sobriété, jouent avec la lumière à travers une alternance savamment calibrée de pleins et de vides, où les ouvertures, réduites à des fentes précises, ne trahissent jamais la nature interne de l'édifice. Cette approche rappelle certaines expérimentations brutalistes, où le matériau brut et la forme pure sont érigés en leitmotiv. L'architecte, Kétoff Serge, semble avoir cherché à transcender la prosaïque nécessité fonctionnelle pour proposer un objet architectural énigmatique, une sorte de monolithe contemporain dont la présence interroge le paysage environnant. L'édifice ne s'inscrit dans aucune filiation historique évidente, marquant une rupture volontaire avec les formes plus pittoresques ou ostensiblement techniques des châteaux d'eau d'antan. Son inauguration, il y a à peine un an, n'a pas encore suscité de commentaires médiatiques significatifs, laissant planer sur sa réception un voile de discrétion, presque de silence, qui sied à sa présence mutique.