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Église Saint-Ferdinand-des-Ternes

Église Saint-Ferdinand-des-Ternes

Rue Saint-Ferdinand, Paris 17e

L'Envolée de l'Architecte

L'église Saint-Ferdinand-des-Ternes, sise au cœur du dix-septième arrondissement parisien, témoigne avec une certaine éloquence des dilemmes constructifs et des aspirations esthétiques du Second Empire. Non sans une certaine modestie dans son volume apparent, elle représente une tentative pragmatique de doter un quartier en pleine expansion d'un lieu de culte. Son parti pris stylistique, souvent qualifié de néo-roman ou de néo-byzantin, s'éloigne des splendeurs gothiques pour embrasser une forme de rusticité savante. L'architecte, monsieur Paul-Eugène Lequeux, fut confronté aux contraintes d'une parcelle urbaine et d'un budget qui, sans être indigent, appelait à une ingéniosité économique. La façade principale, avec son portail unique et son campanile latéral, privilégie une sobriété monumentale. La pierre de taille, dont l'emploi est visible sur les parements extérieurs, confère à l'édifice une dignité certaine, si ce n'est une certaine austérité. L'alternance des teintes claires et plus sombres du grès et de la brique, un détail qui n'échappe pas à l'œil attentif, tente d'insuffler une vie chromatique à l'ensemble. À l'intérieur, la nef unique, couverte d'une voûte en berceau, offre un espace généreux et peu encombré, une réponse fonctionnelle aux besoins d'assemblée. La lumière pénètre avec une certaine retenue par des baies hautes, créant une atmosphère propice au recueillement, bien éloignée de la profusion lumineuse des édifices gothiques. Mais c'est sans doute la crypte qui retient l'attention de l'observateur. Ce niveau inférieur, dont l'accès est dérobé sous l'église haute, n'est pas qu'une simple fondation ; il constitue un espace liturgique distinct, une église basse en soi. Sa structure, reposant sur des piliers trapus supportant des voûtes d'arêtes, dégage une impression de force et de permanence, un socle robuste pour l'édifice supérieur. L'architecte y a probablement vu l'opportunité de maximiser l'usage du terrain, ou d'offrir un espace plus intime pour certains offices ou dévotions, à l'instar des cryptes médiévales, mais avec une rationalité du dix-neuvième siècle. La construction, initiée en mille-huit-cent-quarante-deux, s'inscrit dans un mouvement plus large de renouveau religieux et urbain à Paris. Lequeux, un architecte relativement peu célébré aujourd'hui, a su ici concilier les attentes ecclésiastiques et les impératifs pratiques. L'édifice fut consacré sous la bienveillance de monseigneur Denys Auguste Affre, archevêque de Paris, un an avant son tragique décès sur une barricade en mille-huit-cent-quarante-huit. Cet événement confère à la jeune église une curieuse résonance historique. La réception de l'œuvre fut, comme souvent pour les constructions de cette période, mitigée. Certains saluèrent sa robustesse et sa clarté, d'autres déplorèrent un manque d'audace ou d'originalité face à l'exubérance néo-gothique alors en vogue. L'église Saint-Ferdinand-des-Ternes demeure ainsi un jalon discret, mais significatif, de l'évolution de l'architecture paroissiale parisienne, un exemple de ce que l'on pourrait nommer l'ingénierie du compromis, où la fonction et la solidité prévalaient souvent sur la pure expérimentation esthétique.