
LA RETRANSCRIPTION DU RÉCIT
L'édifice de Notre-Dame-des-Roses, conçu par Anton Korady et achevé en mille-neuf-cent-soixante-six, s'érige sur les vestiges de constructions antérieures, dont une église du douzième siècle jugée vétuste dès mille-neuf-cent-dix. L'architecte, de formation aux Beaux-Arts de Paris, y déploie une géométrie singulière : un plan triangulaire dont l'interprétation symbolique renvoie volontiers à la barque de Pierre ou au poisson des premiers chrétiens, une évocation qui ne manque pas d'une certaine littéralité. L'extérieur présente une silhouette d'une sobriété étudiée. Trois murs bas en béton clair, dont le grain nervuré des coffrages est laissé apparent, ancrent la construction. Au-dessus, une toiture parabolique habillée d'ardoises s'élève, culminant en une flèche pyramidale qui atteint quarante-deux mètres, une pointe sans ostentation. À l'intérieur, la charpente en bois lamellé-collé, technique alors en pleine expansion, dessine une figure qui se veut une rose, allusion directe à la spécialité horticole locale et au symbole marial. Cette même structure forme une voûte, perpétuant le thème de la barque des apôtres. Les baies triangulaires, ménagées avec précision aux jonctions des murs, accueillent des verrières en dalles de verre de Boussois, enchâssées dans une armature de plomb. Le maître verrier Jacques Loire, par ces compositions, décline le Chemin de Croix et, dans la chapelle de la Vierge, l'étoile de Marie, avec une graphie qui allie pleins et déliés. Korady, qui menait des projets similaires à Viry-Châtillon et Dôle avec Maurice Calka, s'inscrivait dans cette quête d'une modernité constructive post-guerre, où la fonction et le symbolisme étaient censés converger sans fioritures. L'ensemble, d'une rationalité constructive certaine, témoigne d'une époque où l'on tentait de réconcilier l'expression religieuse avec des moyens architecturaux contemporains, parfois au risque d'une certaine pudeur formelle.